Pr Patrick Hautecœur

Pr Patrick Hautecœur, neurologue à l’hôpital Saint-Philibert, Lomme (59)

 

En tant que neurologue, quel est votre avis sur la pratique d’un sport pour une personne atteinte de SEP ?

Cette pratique est très positive. Nous sommes l’un des premiers services de neurologie en France (Hôpital Saint-Philibert, groupement hospitalier de Lille) à avoir un professeur de sport s’occupant des patients. Dans le “prendre soin” des patients atteints de SEP, le sport est l’une des approches les plus importantes. Cela devrait exister dans toutes les équipes pluridisciplinaires. Le sport améliore l’estime de soi, la qualité de vie, mais surtout il peut minimiser la fatigue due au déconditionnement à l’effort. Les patients à qui l’on propose de refaire du sport se sentent rapidement beaucoup mieux et beaucoup moins fatigués.

Que pensez-vous des idées reçues qui associent parfois sport et poussées ?

Pendant des années, le sport était considéré comme dangereux. C’est une idée reçue. Aujourd’hui, on sait que le sport peut apporter des points positifs, en différenciant bien l’activité physique et l’activité sportive. C’est surtout par l’augmentation de la température corporelle que la pratique du sport aggravait la maladie. L’activité physique peut temporairement, par l’augmentation de la chaleur corporelle, accentuer quelques symptômes mais il suffit d’être encadré par un bon coach. En effet, si l’activité sportive est bien régulée, cela évite les « surchauffes ». Un kinésithérapeute et un professeur de sport peuvent orienter les patients vers le sport idéal. L’activité en piscine, par exemple, peut être très positive pour les patients.

Quel conseil donneriez-vous à des patients ?

Les patients sont très réticents car ils ont peur et ne pensent pas être capables de faire du sport. Je leur conseillerais vraiment de se mettre en relation avec des profs de sports et de faire un bon bilan de kinésithérapie. Dans chaque région, il devrait y avoir des gens spécialisés pouvant donner de bons conseils aux patients.