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23.01.2020- temps de lecture : 4min

Pratiquer le sport en milieu urbain : comment les villes se transforment pour nous faire bouger ?

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Les choix de planification et d’aménagement du territoire influencent la santé, la qualité de vie et le bien-être des individus. Certaines collectivités ont déjà mené des réflexions autour du concept de l’urbanisme favorable à la santé initié par l’OMS en 2000, et notamment en matière d’accès à l’activité physique. Pour en savoir plus, nous avons interrogé deux experts onStEPs très impliqués dans la pratique du sport en milieu urbain : le Dr Claude Mékiès, neurologue à Toulouse, et Président du Pôle de ressources régional maladies neurodégénératives Occitanie, et Valérie Girond, kinésithérapeute à Nantes et co-fondatrice de l’association La Fabrique Sportive.

L’aménagement urbain est très étroitement lié à la santé des citoyens. En effet, l’état de santé d’une population ne dépend pas uniquement de la qualité des soins de santé, mais également des conditions de vie. Or, la population française vit de plus en plus en zone urbanisée… Vous vous êtes déjà demandé pourquoi tant de villes piétonnisent et aménagent leurs centres-villes ? Au-delà de diminuer les nuisances, il y a un but : vous faire bouger au bénéfice de votre santé. Décryptons cela ensemble…

Les nouveaux enjeux de l’aménagement urbain (1)

Un aménagement favorable à la santé vise à promouvoir des choix qui permettent de :

  • Réduire les polluants (air, eau, sol, gaz à effet de serre…), nuisances (bruits, odeurs, ondes électromagnétiques…) et autres agents délétères (composés chimiques des matériaux de construction…) ;
  • Promouvoir des comportements ou des styles de vie plus sains pour les individus (en favorisant l’activité physique et en incitant à une alimentation saine par exemple) ;
  • Contribuer à changer l’environnement social en proposant des espaces de vie qui soient agréables, sécurisés et qui permettent de favoriser le bien-être des habitants et la cohésion sociale ;
  • Corriger les inégalités de Santé entre les différents groupes socio-économiques et les personnes vulnérables.

« Cette façon d’aborder la santé dans le champ de l’urbanisme s’appuie sur une approche plus positive et moins axée sur les risques explique le Dr Claude Mékiès qui s’intéresse depuis de nombreuses années à l’éducation en santé. Il a également cofondé un fond de dotation afin de promouvoir des sujets autour de la santé et de la cité (aménagement urbain, activité physique, nutrition en cantine…) à Toulouse.

 

Le renouveau des mobilités douces(1)

Nos métropoles font aujourd’hui beaucoup d’efforts pour augmenter la piétonisation urbaine et favoriser les mobilités douces ce qui permet aux personnes d’adopter des modes de vie plus sains en milieu urbain. « Cela nécessite bien sûr la mise en place d’infrastructures adaptées amenant à la pratique de la marche, du vélo et à l’utilisation des transports en commun ou de transports partagés plutôt que d’avoir recours aux voitures particulières », souligne le Dr Mékiès. De plus, la piétonisation des villes encourage la pratique d’activités physiques et sportives, et procure aux habitants des espaces verts et de détente qui favorisent le bien-être.

 

Les bénéfices des espaces verts urbains sur la santé(1)

Prenons l’exemple du lien entre espaces verts et santé : de nombreuses études s’accordent sur les multiples bénéfices de la végétalisation sur la santé et sur la qualité de vie de la population urbaine. « En premier lieu, la création d’espaces verts encourage la pratique d’activité physique en extérieur ce qui a pour conséquence une amélioration de la santé physique, expose le Dr Mékiès. Cela améliore également le bien-être global des habitants d’une ville (réduction du stress, meilleure capacité de récupération suite à une fatigue psychologique, bénéfices sur le développement des enfants et des adolescents) ». Enfin la végétalisation du milieu urbain augmente la longévité des aînés, encourage les liens sociaux (particulièrement chez les personnes à plus faible revenus) et contribue à la réduction des inégalités de santé.

 

``Nantes, terrain de jeux`` : un bon exemple de démarche participative

Vélo, randonnée, natation, fitness, course à pied, roller… 61 % des Français pratiquent une activité physique de manière autonome, en plein air, à domicile ou grâce un équipement municipal2. Ainsi, on pratique de plus en plus le sport dans la ville, en s’affranchissant des lieux et des horaires pour faire selon ses contraintes et ses envies du moment.
A l’écoute des nouveaux usages sociétaux et de ses habitants, la ville de Nantes a décidé en 2016 d’engager une démarche de dialogue citoyen pour se saisir de la question des pratiques sportives libres et co-construire avec les Nantais les fondations d’une nouvelle politique publique. « La démarche « Nantes, terrain de jeux » a pour objectifs de mettre en débat, de faire émerger les nouvelles pratiques et les réseaux qui les accompagnent dans le but de faciliter, animer et réguler les pratiques sportives libres », explique Valérie Girond qui a participé activement au projet dans le cadre de son association La Fabrique Sportive.

Après une première phase d’ateliers, un plan d’action partagé par tous a été mis en œuvre dès mai 2017, à court, moyen et long terme. A ce jour, de nombreuses réalisations ont déjà vu le jour : création d’un deuxième skate-park en centre-ville et d’une aire de « street workout » (barres de traction, échelles…) accessible même en fauteuil roulant, mise à disposition d’une plateforme spécifique afin de proposer des activités de groupe (notamment lorsque les parcs sont fermés), aménagement des bords de Loire pour créer des espaces propices aux étirements et à la gymnastique douce… Sans oublier des mesures pour améliorer l’espace public en lien avec la pratique sportive : réaménagement des fontaines à eau, augmentation du nombre de toilettes publics, création d’urinoirs écologiques, amélioration de l’éclairage des voies sur berges. « L’un des objectifs à relever était également de garantir l’accessibilité de la pratique sportive à toutes et tous, et notamment les plus défavorisés socialement ainsi que les personnes en situation de handicap », conclut Valérie Girond.

Pour en savoir plus :
1) « Agir pour un urbanisme favorable à la santé, concepts & outils ». Guide EHESP/DGS, Roué-Le Gall Anne, Le Gall Judith, Potelon Jean-Luc et Cuzin Ysaline, 2014. 192 pages.
2) Baromètre national des pratiques sportives 2018. Rapport d’étude INJEP 2019. 90 pages.

 

Octobre 2019 – FR/NONNI/0119/0001o