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30.07.2020- temps de lecture : 5min

Que penser des nouvelles tendances alimentaires pour cet été ?

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Régime végétarien ou végétalien ? Sans gluten ou sans lactose ? Jeûne intermittent ou monodiète ? On pourrait bien se laisser tenter par ces nouvelles tendances alimentaires… surtout en ce début d’été pour préparer son « summer body » ou pour détoxifier son organisme après les excès du confinement. Nous avons interrogé Zoé Desbouis, diététicienne, pour connaître les avantages et les inconvénients de ces régimes tendances !

Que ce soit sur Internet ou dans les magazines, les sollicitations pour essayer le dernier régime à la mode sont fréquentes, surtout pendant la période estivale. Peut-on avoir confiance ? En effet, on nous vante souvent les mérites de ces régimes « miracles » mais plus rarement leurs inconvénients… parfois nombreux !

Supprimer un ou plusieurs types d’aliments : pour ou contre ?

Végan, végétarien ou végétalien… pas toujours évident de faire la différence ! Le véganisme correspond à un mode de vie et va au-delà de l’alimentation : une personne végan ne porte pas de cuir, n’utilise pas de produits cosmétiques testés sur les animaux, etc. Si on se concentre sur l’aspect alimentaire, le végétarien, lui, ne consomme pas de chair animale (viande rouge, volaille, poisson ou fruits de mer) tandis que le végétalien bannit en plus les sous-produits d’origine animale de son alimentation (œufs, produits laitiers, miel, etc.). « Ces régimes alimentaires ne présentent pas d’avantages pour la santé et sont le plus souvent adoptés par conviction éthique. Il peut néanmoins y avoir un risque de carence (notamment en vitamine B12) nécessitant une supplémentation, surtout en cas de végétalisme. Ces régimes peuvent également être la source d’un excès de fibres occasionnant des troubles digestifs (ballonnements, diarrhées) et majorant ainsi ceux déjà présents chez certaines personnes atteintes de sclérose en plaques (SEP) », précise Zoé Desbouis.

Adopter un régime sans gluten ou sans lactose présente peu d’intérêt sauf en cas d’intolérance à l’un ou à l’autre. « Il ne faut pas céder à un effet de mode car ces régimes alimentaires entraînent beaucoup de frustration. En effet, ces substances sont présentes dans beaucoup d’aliments ou plats (pâtes, pain, quiche, tarte…) et leur éviction peut être synonyme d’exclusion sociale. En revanche, en cas de réelle intolérance, les bénéfices du régime sans gluten ou sans lactose sur la qualité de vie compensent largement leurs inconvénients », explique la diététicienne.

Les diètes… pas très fun voire dangereuses !

La diète cétogène est un régime alimentaire qui prône une très faible consommation de glucides (suppression des féculents, des légumineuses, des fruits et de tous les produits sucrés) afin d’obliger le corps à puiser dans les réserves de graisses pour trouver de l’énergie. Cette tendance alimentaire a l’air attrayante mais est clairement déconseillée par la diététicienne. « En limitant fortement l’apport en glucides, on favorise certes une perte de poids rapide mais les inconvénients sont de taille : ce régime est très compliqué à tenir (frustration, exclusion sociale) mais surtout, il peut être à l’origine de troubles alimentaires graves », expose-t-elle.

Autre diète à la mode, le jeûne intermittent (ou fasting) consiste à suspendre tout apport calorique pendant une certaine période afin de mettre au repos le système digestif. La méthode la plus populaire et la plus simple à instaurer est le rythme 16/8 : 16 h pour jeûner, 8 h pour se nourrir et couvrir l’ensemble des besoins. « Il y a néanmoins un risque hypocalorique car il n’est pas toujours évident d’ingurgiter l’ensemble des aliments nécessaires aux apports journaliers en seulement 8 h. De plus, ce régime n’est pas compatible avec la vie sociale car il impose de déjeuner tard (à partir de 13h par exemple) et/ou de terminer de dîner tôt (avant 21 h) pour respecter la phase de jeûne », explique Zoé Desbouis.

Enfin, la monodiète, elle, consiste à manger un seul et même aliment pendant plusieurs jours (pomme, raisin, banane, riz…). Selon ses adeptes, elle permet le nettoyage rapide de l’organisme et l’élimination des toxines. « Croyez-moi cela devient vite lassant ! Il est préférable d’adopter une alimentation saine et équilibrée, avec des fruits et des légumes à chaque repas. Cela peut paraître simpliste mais en consommant mieux et moins tout au long de l’année, il n’y a pas lieu de vouloir détoxifier son organisme », poursuit Zoé Desbouis.

Faut-il changer son alimentation lorsque l’on est atteint de SEP ?

De nombreuses études s’intéressent aux effets d’une restriction calorique, d’un jeûne intermittent, de la suppression du gluten, etc. sur l’évolution de la sclérose en plaques. Mais à ce jour, il n’y a aucune certitude concernant les effets de ces changements d’alimentation sur l’évolution de la maladie. Certains aliments semblent néanmoins avoir un effet sur les symptômes de la SEP… quelques ajustements alimentaires valent donc peut-être la peine et seront surement moins contraignant à mettre en place. Par exemple, des études ont montré qu’une consommation excessive de sel aurait des effets délétères sur l’évolution de la SEP. « Pour limiter votre consommation en sel, il est préférable d’opter pour les plats faits maison plutôt que les plats industriels et de ne pas saler au moment de la cuisson. En salant au moment de goûter votre plat, vous vous rendrez compte que le sel n’est pas toujours indispensable ! », précise Zoé Desbouis. Pour donner du goût à vos plats, les épices et les herbes fraiches (basilic, persil, estragon…) sont une bonne alternative… profitez de l’été pour prendre de nouvelles habitudes !

Les antioxydants ont particulièrement bonne presse car ils permettent de retarder le vieillissement cellulaire. « Même si les preuves dans la SEP sont limitées, l’augmentation des apports en antioxydants est peu contraignante à mettre en place, surtout l’été, et ne peut pas faire de mal, explique Zoé Desbouis. Il suffit de consommer des légumes à chaque repas (crus et/ou cuits) et des fruits frais tous les jours pour augmenter les apports en vitamines et en pigments (molécules antioxydantes). Profitez des vacances pour faire une cure de fruits de mer (riches en zinc) et optez pour le thé glacé afin d’augmenter vos apports en polyphénols ». Enfin, les fameux « oméga 3 » ont un effet anti-inflammatoire et il est de notoriété publique que les français n’en consomment pas suffisamment. « Pour augmenter vos apports en acides gras polyinsaturés, il suffit de remplacer les aliments riches en lipides d’origine animale (beurre, viande, charcuterie et fromage) au profit des lipides d’origine végétale (huiles d’olive, de lin ou de noix) mais également de certains poissons (saumon, truite, hareng, maquereau). Là encore l’été est propice pour effectuer facilement ces petits changements alimentaires ! », conclut Zoé Desbouis.

Vous l’aurez compris, les nouvelles tendances alimentaires présentent peu d’intérêt pour la santé et sont souvent sources de frustration. Il est préférable de mettre l’été à profit pour réaliser quelques ajustements alimentaires qui seront bien plus bénéfiques et moins contraignants. N’hésitez pas à consacrer davantage de temps à la préparation des repas et à leur dégustation, cela permet de mieux ressentir la satiété. C’était d’ailleurs souvent le cas lors du confinement… alors continuez à vous faire plaisir cet été !

Pour avoir plus d’informations sur la nutrition et la SEP, n’hésitez pas à consulter la brochure « Alimentation et sclérose en plaques »

FR-NONNI-00007 – Juillet 2020