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16.07.2020- temps de lecture : 5min

SEP et Fatigue : face à la maladie, le sport peut être un allié !

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Pour les personnes atteintes de Sclérose En Plaques, l’un des premiers symptômes décrits est la fatigue. Vous pensez que la pratique du sport n’est pas compatible et va accentuer votre état de fatigue ? C’est vrai juste après une séance mais à plus long terme, l’activité physique aura des effets bénéfiques sur la fatigue liée à la SEP. Pour en savoir plus, nous avons rencontré Marc-Alexandre Guyot, enseignant en activité physique adaptée et expert onStEPs.

La fatigue est un phénomène physiologique et psychique normal que tout le monde ressent à un moment ou un autre de la journée. Cette sensation de fatigue est néanmoins accrue en termes de fréquence et d’intensité chez les personnes atteintes de Sclérose En Plaques. « C’est même l’un des symptômes de la maladie décrit comme l’un des plus invalidants (chez 75 % des patients) car il peut altérer fortement les activités quotidiennes. Cette fatigue peut survenir sans explication, comme la sensation d’une chape de plomb qui vous tombe dessus, ou après un effort qui n’est pas forcément très important », explique Marc-Alexandre Guyot.

Toutes les fatigues ne se ressemblent pas…

A côté de cette fatigue chronique liée à la maladie, d’autres causes peuvent s’ajouter comme l’anxiété ou le stress généré par la maladie, les effets secondaires des traitements ou encore les troubles du sommeil. De plus, la fatigue dans la SEP peut être déclenchée ou aggravée par la chaleur (Lire l’article sur le phénomène d’Uhthoff). « Cependant, il ne faut surtout pas confondre cet état de fatigue permanente avec la fatigue musculaire liée à l’effort physique, que l’on appelle fatigabilité, qui s’installe très rapidement après un effort physique mais qui reste transitoire. De plus, les études ont montré que la pratique d’une activité physique dans la SEP diminue l’état de fatigue chronique. En effet, une partie de cette fatigue serait liée au déconditionnement neuromusculaire et le fait de pratiquer une activité physique permet alors de regagner en endurance et d’améliorer ses capacités cognitives », précise le professeur d’activité physique adaptée (APA). On peut donc parler de « bonne fatigue » en ce qui concerne celle induite par le sport ! Et ses effets positifs sont ressentis assez rapidement. « Au bout de deux semaines, vous allez déjà percevoir une amélioration au niveau de l’équilibre, de la force musculaire et de l’endurance. Cela va augmenter le temps de maintien à l’effort et progressivement améliorer votre état de fatigue globale… et ce dès la troisième semaine d’activité physique régulière », poursuit Marc-Alexandre Guyot.

Vaincre la sclérose en plaques - SEP et fatigue

Comment adapter l’activité physique à son état de fatigue ?

Quel que soit le niveau de fatigue, il est possible de pratiquer une activité physique adaptée à vos capacités physiques du moment. Il est préférable qu’un programme personnalisé d’exercices physiques soit établi par un spécialiste de médecine physique et de réadaptation et/ou un éducateur d’APA, en tenant compte de votre état de santé global. « Sauf en cas de fatigue extrême, il est toujours possible de trouver des exercices adaptés même pour les patients dont la fatigue est évaluée à 8/10 sur l’échelle de sévérité de la fatigue, par exemple. Pour cela, il suffit de réduire le temps de la séance, d’augmenter les temps de pause et de fractionner l’activité », explique Marc-Alexandre Guyot. Lorsque vous vous sentez très fatigué(e), allongez également l’intervalle entre deux séances de sport : deux à trois jours de repos complet peuvent parfois être nécessaires pour récupérer… mais n’abandonnez pas ! De plus, programmez vos séances de sport à un moment où vous êtes le plus en forme : le matin si vos troubles cognitifs s’accentuent plutôt l’après-midi, par exemple.

Quelques conseils sont également bons à suivre pour mieux gérer votre fatigue lors d’une activité physique programmée. « Avant la séance, il faut commencer par bien s’étirer pour préparer son corps. Au cours de la séance, pensez à vous hydrater suffisamment et faites des pauses régulièrement. Il est essentiel d’écouter son corps afin d’adapter l’intensité de votre entraînement à vos capacités pour ne pas « vous mettre dans le rouge ». Contrairement à une idée reçue, il n’est pas nécessaire d’être épuisé et d’avoir mal à la fin d’une séance pour en garantir son efficacité… bien au contraire c’est le meilleur moyen de se démotiver et de mettre plus longtemps à récupérer ! » insiste Marc-Alexandre. Enfin, après votre séance, n’oubliez pas de vous étirer de nouveau, de bien vous hydrater et de vous mettre au calme sans chercher à enchaîner avec une activité demandant une grande concentration ou un effort physique : prenez le temps de récupérer à votre rythme.

Qui veut voyager loin, ménage sa monture !

Si vous avez dû arrêter de pratiquer une activité physique pendant quelques temps, en raison de la maladie, d’une fatigue trop intense ou plus récemment à cause du confinement, quelques précautions peuvent s’avérer nécessaires. « Pour favoriser la reprise d’une activité, privilégiez des séances courtes (de 5 à 15 minutes) pendant une semaine ou deux, puis progressivement vous pourrez augmenter le temps de pratique dans un premier temps et l’intensité dans un second temps. Pour cela, l’application onStEPs est idéale car elle permet d’adapter son programme d’entraînement en personnalisant le type, le nombre et l’intensité des exercices, et de le faire évoluer en fonction de ses capacités physiques et de son état de fatigue », explique M. Guyot qui participe à leur élaboration au sein de l’équipe de conception.

Plus particulièrement pendant cette période de déconfinement, si vous reprenez le travail et le sport en même temps, il sera peut-être nécessaire d’alléger votre planning d’entraînement les premières semaines, afin de laisser votre corps s’adapter à ce nouveau changement de rythme et limiter ainsi la sensation de fatigue. « En revanche, si vous ne reprenez pas le travail ou que vous poursuivez votre activité en télétravail, profitez de cette levée des restrictions pour sortir et marcher plus longtemps ou plus régulièrement si vous êtes en forme. Vous pouvez également davantage fractionner votre activité physique. En effet, il sera plus bénéfique et moins fatiguant de faire trois promenades de 15-20 minutes dans une journée plutôt qu’une seule sortie d’une heure autorisée quotidiennement lors du confinement », conclut Marc-Alexandre Guyot.

Vous l’avez compris, toutes les fatigues ne se ressemblent pas et la fatigue chronique ressentie au cours de la SEP n’est pas une fatalité. En effet, il est possible de trouver des solutions pour qu’elle impacte moins sur votre quotidien et votre qualité de vie… et la pratique d’une activité physique régulière en fait partie ! Prenez conscience de cette « bonne fatigue » que procure le sport : certes votre corps est fatigué par l’activité mais sur le long terme, vous vous sentirez plus dynamique et plus en forme au quotidien.

FR-NONNI-00001 – Juin 2020